Énergie et climat. Stratégie

Publié le par François Cordelle

En 1973, suite aux deux chocs pétroliers, EDF a décidé, pour s'affranchir de sa dépendance au pétrole et de son coût grandissant, de développer des centrales nucléaires, en passant un contrat pluri-annuel de 12 unités de 900 MW en deux ans.

 

Dans le courant des années 1970, les problèmes de climat dus au réchauffement de la planète par l'augmentation de la concentration en gaz à effet de serre, notamment du CO², a conduit à préconiser la réduction de la consommation du charbon, du pétrole et du gaz (combustibles fossiles). Cet objectif, ardemment défendu par les associations écologistes, allait dans le même sens que le précédent, puisque les centrales nucléaires délivrent de l'électricité non carbonée.

 

Il semblait donc que la pertinence du choix de 1973 était renforcée, et que ce choix ne pouvait qu'être bien accueilli par tous ceux qui défendent l'écologie. Pourtant, des mouvements dont l'objectif était de refuser le nucléaire civil à tout prix, sans autre raison que de considérer cet objectif comme un dogme, ont réussi à convaincre les écologistes d'abandonner de fait leur lutte contre les rejets de gaz à effet de serre. Certains écologistes, notamment l'Association des Ecologistes Pour le Nucléaire (AEPN), n'ont pas suivi, ou ont quitté, les instances politiques d'un parti qui a renié sa principale raison d'être.

 

Actuellement, la production d'électricité du parc de centrales d'EDF, pour les années 2010 à 2014, est représentée sur le graphique joint qui donne la part de chaque source d'énergie, en regroupant :

  • Sources non carbonées : nucléaire, hydraulique, éolien et photo-voltaïque (pv).

  • Sources carbonées : bio-masse, charbon, fuel, gaz.

Énergie et climat. Stratégie

Le nucléaire varie peu, entre 404 et 421 Twh/an, avec 416 Twh en 2014, soit 81%.

L'hydraulique varie de 50 à 76 Twh/an, avec 68 Twh en 2014, soit 9%.

Les éolien et pv croissent de 10 à 23 Twh/an, soit en 2014, 6%.

La bio-masse croît de 5 à 7,5 Twh/an, soit en 2014, 1,5%.

Le charbon décroît de 19 à 8,5 Twh/an, soit en 2014, 1,5%.

Le fuel décroît de 10,5 à 3 Twh/an, soit en 2014, 0,5%.

Le gaz décroît de 30 à 14 Twh/an, soit en 2014, 2,5%.

 

En définitive, en France en 2014, les proportions d'électricité non carbonée, versus carbonée sont respectivement égales à 94% et 6%, à comparer aux valeurs de ces proportions en 2010 qui étaient de 88% et 12%. En 5 ans, la part carbonée de l'énergie électrique a donc été réduite de 50%.

 

Faire des économies d'énergie ne veut pas dire faire des économies d'électricité.

Dans les décisions à venir, et notamment au cours du COP21 qui doit se tenir à Paris en décembre prochain, il ne faudra pas se tromper de problème en confondant énergie renouvelable et énergie non carbonée, et peser les conséquences de la réduction du recours à l'énergie nucléaire pour répondre à une demande d'énergie électrique qui n'a aucune raison de ne pas croître. La très faible part des combustibles fossiles dans la production d'électricité ne permettant pas de gagner beaucoup, ce sera dans les transports et le bâtiment qu'il faudra trouver les sources de réduction des rejets de CO², souvent en augmentant la consommation d'électricité. S'ajoute à cela que l'extrême commodité de l'usage de l'électricité (transport, machines-outils, électroménager, informatique...) conduira comme par le passé à l'accroissement de la demande.

 

La garantie de la fourniture d'électricité ne peut être assurée que par un parc de centrales comprenant des unités suffisamment puissantes, peu de centrales à production aléatoire, et un réseau de lignes d'interconnexion solide. La situation de la France à cet égard est bonne, mais pourrait se dégrader rapidement si les qualités citées n'étaient plus maintenues. Il serait alors à craindre les conséquences d'une panne généralisée qui pourrait durer plus que quelques jours, tant chez les particuliers, que dans l'industrie, la ville et l'administration, conséquences qui seraient certainement très graves.

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